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Pas de crise pour l’écogastronomie

La gastronomie écologique ne semble pas connaître la crise !

 Depuis la rentrée, on ne compte plus les informations et initiatives sur le sujet : guide pour des sushis écologiques, restaurateurs engagés, eau du robinet qui gagne du terrain sur l’eau en bouteille, journée de l’alimentation avec pour thème le changement climatique, nouvelle initiative de la Fondation Nicolas Hulot en faveur d’une alimentation qui respecte la planète et les hommes, multiples articles de presse sur les locavores, le bio, le slow food, etc. dans des grands quotidiens et magazines,…
Retour sur une rentrée chargée avec l’essentiel à retenir.

La question du poisson toujours d’actualité

Mi septembre, le Worldwatch Institute (WWI – une organisation de recherche indépendante reconnue mondialement pour son expertise sur l’état de l’environnement et l’analyse des politiques de préservation) publiait son rapport Farming Fish for the Future dans lequel Brian Halweil fait le point sur la situation de l’aquaculture dans le monde et analyse les perspectives de développement d’une aquaculture écologique, relai indispensable pour la préservation des réserves halieutiques marines. Selon l’expert du WWI, l’aquaculture durable pourrait ainsi à termes nourrir la planète.

Le poisson écolo est donc plus que jamais d’actualité. En décembre 2007, le WWF publiait son guide grand public pour aider les consommateurs à éviter les espèces menacées (voir article Seuls resteront les poissons d’avril). Un an plus tard, le sujet est toujours à la une de l’éco-gastronomie. Ainsi, étaient présentés il y a quelques jours à l’Institut Culinaire Français de New York, sur l’ile de Manhattan, 3 petits guides «ocean-friendly» dont l’un a été réalisé par les experts de l’Aquariumde la baie de Monterey (un des aquarium les plus connus au monde). Ils ont été présentés également mercredi chez Tataki, le seul restaurant de sushis écolo des Etats-Unis (situé à San Francisco).
La France n’est pas en reste. Dans son article du 20 sept (Le Figaro – page goûts), Alexandra Michot nous invite à «[sortir] des sentiers battus : tentez le sushi de lieu jaune ou le tartare d’huitres». La journaliste rapporte l’engagement de certains chefs pour une pêche durable et l’inscription à leur carte de poissons non menacés. «C’est à nous d’aller chercher les produits, de les faire découvrir aux clients, à nous de les sensibiliser» raconte Romain Corbière du Relais du Parc, table parisienne de l’Hôtel Renaissance. Le groupe Alain Ducasse – auquel appartient le Relais – semble ainsi engagé sur la voie puisque le thon rouge est retiré progressivement des cartes des restaurants du groupe, sur l’exemple des restos de la principauté de Monaco mobilisés suite à l’appel du Prince Albert.

La tendance est à la gourde

Toujours dans le registre aquatique, et crise économique oblige, l’eau du robinet fait un grand retour en force. Comme le note très justement Robert Rochefort (Directeur Général du Credoc) dans le numéro du 9 octobre du magazine Challenges, «La crise va modifier les habitudes en profondeur». «[…] Revenir à l’eau courante plutôt qu’à l’eau minérale en bouteille est vertueux pour la planète et coûte bien moins cher, mais pour l’économiste, c’est un recul de la consommation des ménages».

Le sol se dérobe un peu plus sous les pieds d’un modèle alimentaire déjà écorné… A tel point que PepsiCo, mis à mal par une baisse des ventes des sodas et des eaux embouteillées, licencie 3 300 personnes aux Etats-Unis, rapporte Andrew Martin dans le New-York Times du 14 octobre. D’après une analyse réalisée le cabinet Morgan Stanley, 23% des consommateurs américains diraient ainsi se tourner de plus en plus vers l’eau du robinet. Les boissons non gazeuses, autrefois locomotives du géant PepsiCo, sont désormais devenues un boulet…L’entreprise a donc décidé par conséquent d’investir dans de nouveaux packaging et logos. Autant poser un cataplasme sur une jambe de bois…

Car il y a de fortes chances pour que ce retour à l’eau du robinet soit davantage structurel que conjoncturel, même si la crise joue probablement un effet dans ce mouvement. La consommation d’eau en bouteille a plongé de 6.5% en 2007 si on en croit un article du Figaro sur le sujet. L’eau en bouteille va-t-elle donc boire la tasse comme titrait Aurélie Charpentier un article de Marketing magazine (octobre, n°125) – pour lequel j’ai d’ailleurs été interviewé (voir l’article) ? Le fait que les gourdes (comme celles commercialisées par Kor One – photo) redeviennent à la mode et constituent de véritables objets de design est peut être un signe avant coureur…

Lisez la suite de Rentrée chargée pour l’écofood demain sur ce blog : Comment nourrir la planète, une question toujours d’actualité / La FNH s’engage pour l’éco-gastronomie