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L’éco-gastronomie dans les médias

LES FAITS

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les thèmes de l’écofood sont dans l’air du temps : thon rouge menacé, développement du mouvement des locavores en France, succès de l’agriculture bio, etc. Et comme le veut une facette de leur métier, les journalistes se font les relais et les analystes des préoccupations de leur époque. Et l’actu les y incite : émeutes de la faim, épreuve de force entre pêcheurs de thon et commission européenne, etc. Le lien environnement / alimentation / santé se fait aujourd’hui de plus en plus visible.

Cela faisait pourtant presque 10 ans que Jean Pierre Coffe, sur les ondes de France Inter (son émission : ça se bouffe pas ça se mange), vantait les mérites des produits naturels et traditionnels des terroirs, luttait contre l’uniformisation et l’industrialisation du contenu de nos assiettes. Indirectement, par le prisme du plaisir gastronomique, il véhiculait un message en faveur de méthodes de production plus respectueuses des cycles naturels, davantage en harmonie avec les capacités de la terre. Plus écolo en somme. Le dernier épisode de la saga Coffe s’est tenu le 21 juin dernier. Son émission s’arrête.

Mais d’autres prennent le relais. Dans la presse cette fois. Un des engagements les plus notables est celui de JP Géné, le chroniqueur de la page goûts du Monde 2. Depuis un certain nombre de numéros, ses articles incisifs prennent une tournure joyeusement écolo : «Le lobby manquant» (numéro du 16 février ) à propos du silence des grands chefs face à la question ogm, «Laissons le temps au thon» (numéro du 1er mars 2008), «Manger local» (numéro du 8 mars 2008), «Tendance gourde» dans lequel il fait le point sur la pollution consécutive de la consommation d’eau en bouteilles plastiques (numéro du 5 juillet 2008). La rubrique goûts prend des accents verts…

LE POINT DE VUE

Le monde de la gastronomie s’ouvre désormais aux questions environnementales et le fait savoir via ses relais dans les médias. 
Le moins que l’on puisse dire est que cette ouverture n’est pas complètement absurde quand on s’intéresse un tant soit peu à la qualité de ce que l’on mange ! Car il va sans dire, par exemple, qu’un jus d’orange frais et élaboré à partir d’oranges (bio) récoltées à maturité (c’est-à-dire en saison) n’a pas la même saveur qu’un jus à base de concentré fait à partir d’oranges récoltées presque vertes au Brésil ! Insister serait inutile : il est évident que le respect de la terre et des capacités naturelles de production permet tout simplement de profiter d’un produit plus authentique et de qualité supérieure.

Le lien avec l’environnement devient donc de plus en plus évident pour ceux qui s’occupent du goût. Est-ce le présage d’un souffle nouveau pour la gastronomie ? Cela reste à voir. Mais il est encourageant de constater que les acteurs traditionnels de la gastronomie se préoccupent de plus en plus des espèces de poissons en voie de disparition, des « food miles » – ces kilomètres parcourus par nos aliments avant d’arriver dans notre assiette – aussi bien que des variétés de fruits et légumes oubliées ou des ogm.

L’éco-gastronomie était déjà, pour le petit monde des inités et des connaisseurs, une garantie de qualité et de produits aux saveurs exceptionnelles. Cet état de fait est désormais en passe de devenir largement public.

PASSER A L’ACTION

Pour passer à l’action, une petite série de lectures : 

Tout d’abord, la page régulière de JP Géné dans Le Monde 2 (hebdo).
Ensuite, le livre de Jane Goodall – la célèbre primatologue – «Nous sommes ce que nous mangeons».
Enfin, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, je recommande un abonnement à La Revue Durable, la revue de référence en matière de développement durable et qui consacre certains de ses numéros à la chose alimentaire.

Et n’oubliez pas de révisez les principes de l’écofood avant les vacances d’été : c’est la meilleure saison pour prendre de bonnes résolutions et profiter de tous les avantages de l’éco-gastronomie !