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Je, tu, il, nous boycottons le thon

LE FAIT
De la résonance, on peut dire que la voix du WWF en a eu ce lundi : tous les grands quotidiens nationaux relayaient l’appel de l’organisation de protection de la nature lancé en direction des grandes surfaces pour les inviter à renoncer à la commercialisation du thon rouge.

Bien qu’on le trouve fréquemment sur les étals des poissonniers et dans les sushi bars, le thon rouge est une espèce dont la survie est menacée par la surpêche. D’après les scientifiques, les quotas de pêche ne devraient pas dépasser les 15 000 tonnes par an pour permettre d’assurer le renouvellement de l’espèce. Or ils sont actuellement de près de … 30 000 tonnes. Et la commission internationale pour la conservation des thonidés en Atlantique estime que 50 000 tonnes sont réellement prélevées chaque année !

En conséquence, certaines grandes surfaces ont annoncé la fin du thon rouge dans leurs supermarchés. C’est le cas de l’enseigne Auchan qui a carrément renoncé à en distribuer. D’autres se sont lancées dans une démarche progressive de réduction des volumes

LE POINT DE VUE

C’est le grand retour du boycott, instrument beaucoup utilisé dans les années 90 mais tombé en désuétude depuis. Ironie de l’histoire, alors qu’on boycottait autrefois le thon en boite à cause des dauphins pris dans les filets non sélectifs des pêcheurs, on boycotte désormais le thon rouge, non pour les pêches collatérales, mais pour la survie même de l’espèce.
Fait remarquable, le boycott progresse peu à peu sur les maillons de la chaine de consommation. Ce ne sont plus uniquement les consommateurs qui renoncent à un produit, mais ce sont désormais les distributeurs. Et la décision n’est pas neutre pour eux : Auchan revendique 13,8% de part de marché de la poissonnerie en France. La responsabilité écologique remonte le courant.

Mais quand atteindra-t-elle les politiques? Alors même que les scientifiques s’inquiètent du déclin des stocks de nombreux poissons, le Président de la République appelait récemment de ses voeux un assouplissement des quotas de pêche dans l’UE. En clair, pêcher plus pour manger plus…quitte à ce que les poissons disparaissent quasiment et que les prix flambent. Menacé, le thon rouge est déjà concerné par cette flambée : certains spécimens se négocient à plus de 100 000 dollars US à la criée de Tokyo ! De l’or monté sur nageoires. Attention au pouvoir d’achat!

PASSER A L’ACTION

Puisqu’on ne peut visiblement pas compter sur les politiques, c’est à vous d’agir. La meilleure solution : renoncer au thon rouge et privilégier le thon albacore ou le thon obèse. On trouve ces derniers en conserve notamment. En revanche, faire la différence à l’œil nu sur un sushi relève de la gageure réservée aux ultra-spécialistes de la gastronomie nippone. Pas d’autre choix donc que de renoncer aux sushis de thon, et de choisir ceux de maquereaux, très riches en omégas 3 !

Et pour ceux qui souhaitent aller plus loin, vous pouvez consulter le guide pour une pêche durable établi par le WWF pour vous aider à choisir votre poisson, ou lire sur ce site les recommandation du principe 8 Choisir les poissons sauvages les moins menacés du guide de l’écofood.