De la guitare à la poële à frire, il n’y a qu’un pas. C’est ce que semble démontrer la soudaine reconversion de certains pop-rockeurs qui abandonnent les paillettes de la scène pour investir les cuisines ou les colonnes gastronomiques des magazines. Quand on ne les retrouve pas carrément bottes aux pieds et fromage de chèvre bio à la main en pleine campagne anglaise… L’Express a consacré dans son
numéro du 13 mars plusieurs pages à ce phénomène étonnant venu de Londres.
Branchez les casseroles…jouez !
Vous sortez au resto plus de 5 fois par semaine? Vous êtes un inconditionnel de Franz Ferdinand ? Alors vous apprécierez certainement
Sound Bites Eating on Tour with Franz Ferdinand, le livre d’Alex Kapranos (le leader du groupe) qui rassemble ses chroniques sur les habitudes culinaires des pays traversés au cours d’une tournée mondiale. Illustrations d’Andy Knolwes, le batteur.
Et la passion d’Alex pour la gastronomie n’est pas isolée. Un autre Alex, James celui-ci, préfère désormais la vie version campagne à la scène. L’ex-bassiste de Blur s’est retiré avec femme et enfants dans une ferme du nord-ouest de Londres où il élève chèvres, moutons et cochons sur une propriété de 80 hectares! Il y fait des fromages bio, des saucisses et y écrit ses chroniques pour
l’Observer Food Monthly, le supplément du
Guardian. So british.
Retour du flower power ?
Alors grand retour du flower power et du mythe woodstockien ? Patrick Eudeline aborde ce phénomène dans le Guide du Fooding® 2008 et analyse un de ses avatars : le goût des pop-rockeurs (mais également des punks!) pour le régime végétarien (voire végétalien). Si Muse, Moby, Placebo ou Björk sont des mordus de la salade, c’est parce que ce régime fait en quelque sorte partie de la panoplie de l’artiste. C’est une forme d’héritage des sixties et des seventies dont les ambassadeurs sont/étaient Paul McCartney, Bob Marley ou les Clash : tous végétariens ! Et si on en croit P.Eudeline, même les Béruriers noirs l’étaient ! Mais de façon plus prosaïque, ce régime alimentaire contraignant permettrait également aux enfants du rock des 60s de coller à une image de poète maudit, de conserver une silhouette sèche à la Keith Richard ou à la Patti Smith pour donner le change au public et préserver leur look d’artiste fiévreux.
De là à voir les stars du showbiz se retirer sur le plateau du Larzac pour élever des chèvres et faire du fromage bio, il n'y a qu'un pas. Mais force est de constater que la philosophie des 60s subit quelques arrangements : selon l’Express, les Cotswolds, la région vallonnée où se trouve la ferme d’Alex James, est tout sauf un lieu de retraite isolé du monde moderne… Il s’agit en fait de «
l’épicentre d’une nouvelle ruralité chic», le bastion des nouveaux gentlemen farmers. On vous avait dit qu’ils étaient de retour !(voir article
Le retour du gentleman farmer)
Quand les chefs prennent la guitare
Si le rock vient à la gastronomie, les toques viennent également à la guitare. Ainsi le look rock envahit les cuisines. Comme à Londres, où Marco Pierre White, chef renommé qui officie dans plusieurs restaurants de la capitale et Hugh Fearnley Whittingstall (star de l’écofood selon le
Guardian – voir
Le retour du gentelman farmer) arborent désormais cheveux longs, chemises trop ouvertes et allures de défoncés. Et le public les vénère à la manière de stars du show biz...
Musique et gastronomie semblent faire bon ménage outre-manche. L’audace et le mélange des genres y sont capables du meilleur comme du pire. Gageons que la France sache s’en inspirer un peu pour mettre le feu au cuisines !
Crédit photo : © Svetlin Rusev
jkajqzrtpayenvoyé le 12 mars 2011 à 08h13
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