Lundi, à 5h50 du mat’, France 5 diffusait le documentaire «Sauve qui peut…les poulets». Il s’agit d’une enquête qui lève le voile sur les coulisses et les enjeux du commerce du poulet dans un contexte de crise mondiale face à la grippe aviaire. A faire peur. Heureusement pour les âmes sensibles, la plupart d'entre elles dormaient encore...
De l’aliment traditionnel à la marchandise industrielle
Si vous imaginiez encore à 5h49 que le poulet servi à la cafeteria du coin s'ébatait joyeusement dans un champ quelques jours avant de finir dans votre assiette, le documentaire s'employait à vous faire prendre conscience de l'énormité votre erreur dès 5h51.
Construit comme un carnet de voyages, à travers des portraits croisés d’exploitants traditionnels et de businessmen, ce film témoigne de la mutation d’un produit alimentaire de base en véritable marchandise (au commerce très lucratif) produite dans des hangars immenses et des usines aseptisées.
Saviez-vous qu’un poulailler industriel peut contenir jusqu’à 90 000 poules pondeuses, autant que de spectateurs au Stade de France les soirs de grand match ? Et qu’une grande partie du poulet consommé dans le monde provient aujourd'hui d’Asie du Sud Est, foyer de la grippe aviaire ?
Produite à très bas coût, cette viande bon marché envahit le monde entier, au détriment des producteurs de plus petite taille qui peinent à poursuivre l’élevage traditionnel. Avec pour conséquences : pollutions, et surtout extension accélérée de la grippe aviaire qui n’a fait que réduire le sursis des éleveurs traditionnels contraints de faire abattre leurs volailles.
Pour avoir une idée de ce à quoi ressemble ces usines à viande, ci-dessous un lien vers un extrait de
We Feed the World , le film à sensation sur l’industrialisation de nos aliments et diffusé en salle en 2007. Attention, à voir, l’estomac vide!
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Les chefs se mobilisent
La tendance vient encore une fois d’outre-manche. De jeunes chefs talentueux et animateurs vedettes de shows TV font régulièrement parler d’eux en Angleterre pour leur engagement contre la nourriture industrielle ou la junk food. En particulier,
Hugh Fearnley-Whittingstall (qui arrive en tête du palmarès des TOP 40 meilleurs
ecofoodies 2007 établi par
The Observer Food Monthly) et
Jamie Oliver, deux égéries des cuisines aux gueules de rockeurs, ne cachent pas leur engagement en faveur d’aliments plus authentiques, plus savoureux et produits loin des hangars et des usines. Bref, des genres de Jean Pierre Coffe, mais version rock.
Tous les deux se sont particulièrement engagés sur la question des élevages de poulets, appelant leurs auditeurs et spectateurs à prêter plus d’attention aux petits producteurs locaux.
L'authenticité et le naturel : un luxe accessible
Heureusement, tout près de chez vous, des solutions existent ! Mais elles sont pour l'instant réservées à certains privilégiés. Ainsi, à la
Ferme des Echancées, près de Belfort, un agriculteur a mis en place ce qu’il est convenu d’appeler «
un contrat poule®», avec la volonté «
d'élaborer et de vendre directement aux consommateurs des produits sains et savoureux, à des prix raisonnables».
Le principe est le suivant : vous signez un document qui fait de vous l’heureux propriétaire d’une poule dans la basse cour. Pour 52 euros, le gallinacé vous appartient et vous êtes livrés une fois par semaine d'une boite de 6 œufs frais pendant 10 mois. A la clé : fraicheur, sécurité, traçabilité. A la fin, le volatile vous est remis, préparé à être mis au four, ou ... vivant pour animer le jardin ! Et en prime, vous pouvez faire un tour à la ferme pour saluer votre poule et vous enquérir de ses conditions de vie.
Un lien vers
un reportage du JT de TF1 sur le contrat poule®.
Alors choisissez le naturel et le local, histoire de ne plus être le dindon de la farce.
Crédit photo : © Roman Milert
byiyhlenvoyé le 11 mars 2011 à 19h19
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