L'écofood dans la presse

Débat OGM : mais où sont les chefs?

écrit le 17 fevrier 2008

tags : france, ogm, bio, analyse

OGM 2/2

LE FAIT
Après la pause Store Wars, le point sur un silence étonnant dans le débat sur les OGM, relevé par JP Géné ce week end : celui des chefs.
Mais d'abord, retour sur les faits les plus marquants des derniers jours autour du débat :
  • Le 5 février commencent au Sénat les débats sur le projet de loi relatif aux OGM, projet qui doit transposer une directive européenne datant de 2001
  • Le même jour, Michel Barnier, ministre de l’agriculture, indique que de nouvelles autorisations d'essais de cultures OGM seraient délivrées en 2008. Colère des protecteurs de l’environnement qui dénoncent l’enterrement du Grenelle
  • Le 7, un article de la revue Nature Biotechnology rapporte des cas de résistance de certains insectes face à un coton OGM sensé être immunisé
  • Le 8, le Sénat vote la loi définissant les conditions futures de coexistence entre cultures OGM et non OGM
  • Le même jour, la clause de sauvegarde sur le maïs MON 810 est notifiée à Bruxelles. Elle est activée en raison de doutes sur la toxicité du maïs pour la faune et la flore sauvages. La loi votée par le Sénat ne s’applique donc pas pour l’instant puisque les champs français sont désormais libres de tout OGM (le MON 810 était le seul à être autorisé jusqu’alors)
  • Le 12, trois scientifiques de renom dénoncent dans Le Monde l’utopie selon laquelle les OGM seraient une solution à la famine

Tout au long de cette longue semaine, la presse a continuellement relayé les inquiétudes des protecteurs de l’environnement alertés par la proximité reconnue de certains sénateurs avec les lobbys OGM. Bref, c’est la confusion la plus totale. Plus d’OGM pour l’instant en France mais le projet de loi et les déclarations du ministre de l’agriculture préfigurent un futur moins enthousiasmant.

LE POINT DE VUE
Dans cette cacophonie générale, certaines voix restent étrangement muettes. Comme le fait remarquer JP Géné dans son article Le lobby manquant (Le Monde 2, 16 fevrier), les chefs, et des restaurateurs en général, brillent par leur silence. Pourtant l’avènement éventuel des végétaux transgéniques a des implications qui les touchent directement. Les produits dits "du terroir", les AOC, le Label Rouge sont autant d’éléments qualitatifs qui risquent d’être ébranlés par leur arrivée. Si le fromage est issu de lait de vaches nourries au soja OGM (c’est d’ailleurs déjà partiellement le cas), si demain le blé est issu d’une seule et même variété OGM ou si le saumon devient plus gras suite à une manipulation génétique, qui pourra prédire la réaction des consommateurs alors qu’une large majorité d’entre eux est hostile aux OGM ? Les tables seront-elles désertées ? Quel impact pour les cuisines ? Les chefs accepteront-ils qu’une agriculture intensive leur impose ses produits ?

De plus, alors même que des doutes subsistent sur l’innocuité des OGM pour la santé, le sérail gastronomique ne semble pas préoccupé. Au nom du principe de précaution, les chefs devraient pourtant être vigilants, ou au moins prendre position pour informer a minima le public qui souhaitera bientôt savoir si oui ou non des OGM remplissent significativement les casseroles et les assiettes.
Certes, comme le dit JP Géné, certains d’entre eux (Marc Veyrat, Jean Luc Rabanel - chef étoilé bio, Alain Passard, etc.) ne cachent pas leur sympathie pour la cause environnementale. Mais il n’y a pas, pour l'instant, de position collective au royaume des fourneaux.

PASSER A L’ACTION
La fin des OGM cultivés en plein champ ne veut pas dire que vous ne pouvez pas retrouver des OGM dans vos aliments. En effet, de nombreux additifs sont susceptibles d’en contenir (comme la lécithine de soja - E322- ou le sorbitol - E420).
Pour les éviter, il n’y a pas trente-six solutions :
  • commencez par éviter les produits trop transformés ou trop industriels
  • soyez ensuite attentifs à l’étiquetage («issu de X génétiquement modifié») obligatoire pour tous les aliments dont les ingrédients ou les additifs et arômes contiennent plus de 0,9% d’OGM.
  • enfin, LA technique imparable : achetez bio!

Ce sont les trois meilleures façons de soutenir «the organic rebellion » dans son combat contre «the dark side of the farm» !

Crédit photo : © Michael Rosen

1 commentaire


tdoqlimvwrfenvoyé le 12 mars 2011 à 02h25

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