L'écofood dans la presse

Êtes vous locavore ou distavore?

écrit le 5 fevrier 2008

tags : monde, locavore, tendance, bio, analyse

LE FAIT
Un article du Time daté du 21 janvier dernier peut se vanter d'avoir réussi à secouer le petit milieu tranquille des locavores. Les locavores, ce sont ces personnes qui respectent une discipline alimentaire nouvelle : s'alimenter de produits dont l'origine géographique est située à moins de 160 km de leur fourchette... Autant dire que cela relève d'un véritable casse tête à certains endroits du globe. Mais aux Etats Unis comme au Canada, ce mouvement connaît un véritable succès populaire, et il s'étend peu à peu à l'Europe.

Dans son article, Joel Stein stigmatise cette nouvelle mode «idiote» et y relate sa propre expérience : en signe de protestation, il a composé un menu avec des aliments qui ont tous parcouru au moins 4 800 km avant d'atterrir dans son assiette. Résultat : du brie français, du saumon écossais, du bar chilien, des asperges péruviennes et de l’huile d’olive italienne.
La réponse des locavores n’a pas tardé et les blogs ont recueilli de nombreux messages cinglants qualifiant de «stupide», de «myope acharné» et d’«imbécile» le journaliste «distavore ».

LE POINT DE VUE
L’article du 21 janvier répond en fait à un numéro spécial du Time, paru le 12 mars 2007 sous le titre «Forget organic, eat local », et dont le dossier était consacré à la popularité croissante du manger local.

John Cloud, journaliste New Yorkais, y relatait sa perplexité face à un choix cornélien : acheter une pomme bio qui vient de l’autre bout du monde ou une pomme non bio produite dans l’Etat de New York ? Il en concluait que la pomme locale était souvent plus savoureuse, car plus fraiche et de saison. Le local supplantait le bio.

De nombreux facteurs montrent que manger local n’est pas une mode légère, mais qu’il s’agit bien d’une tendance de fond. Les débats se succèdent sur le sujet et la presse s’en est emparé. Le terme de « locavore » a fait son entrée dans la version 2008 du New Oxford American Dictionary. Le restaurant du siège de Google aux Etats-Unis a été baptisé café 150 car tout ce qui est servi est produit dans un rayon de moins de 150 miles, et on ne peut pas dire que Google soit dirigé par les illuminés écolos fanatiques. Enfin la grande distribution affiche désormais les émissions carbone de certains produits (étiquetage bientôt généralisé en France mais qui existe depuis déjà quelques années en Angleterre).

Comme à chaque bouleversement social, il y a un d’un côté un mouvement conservateur qui lutte contre le changement, et de l’autre des avant-gardistes, convaincus qu’il est temps de faire évoluer les comportements. Car manger local, et plus généralement consommer local, implique un changement de mode de vie. C’est une façon de penser différente, plus proche des communautés, plus conviviale.

PASSER A L’ACTION
Alors que doit-on en penser ? Lorsque même le prix nobel de la paix 2007 (Rajendra Pachauri, président du Groupe Intergouvernemental sur le Climat) prône un changement de nos modes de vie et notamment de notre alimentation, il n’y a pas long à hésiter…
Car en plus, en France, nous avons la chance d’avoir à notre disposition une variété immense de produits locaux aux saveurs différentes. A condition de ne pas voir la notion de manière trop stricte, manger local peu très bien vouloir dire profiter de la diversité des cuisines régionales.

Mais ça ne doit pas constituer une contrainte. D’autant plus que parfois, un produit local demande plus d’énergie pour sa production qu’un produit fabriqué à l’autre bout du monde et importé par bateau.
Il n’y a donc pas de recette miracle. Ne vous prenez pas la tête et variez les plaisirs. Mangez bio ou local, essayez le plus possible de combiner les deux et tenez compte des saisons, achetez sur les marchés, essayez les paniers de fruits et légumes (AMAP, LeCampanier, Jardins de Cocagne, etc.) le tout, sans vous priver.
«Eating green is a lifestyle » comme ils disent...

Crédits photos :
  • © Jo Chambers
  • © 2007 Time Inc

14 commentaires


ucznxtzesdenvoyé le 15 mars 2010 à 03h16

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pyjvlezhcpenvoyé le 13 janvier 2010 à 09h38

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Sébastienenvoyé le 16 décembre 2009 à 17h19

Très intéressant, un nouveau site vient d'ouvrir pour faciliter la vie des locavores jesuislocavore.com a+


saraenvoyé le 6 novembre 2009 à 15h10

bonjour je recherche un locavore dans le cadre du lycée si il y en a un merci de me contacter a cette adresse email : nedelec.sara@hotmail.fr


Alexis Botayaenvoyé le 22 juillet 2009 à 18h28

Bonjour Coco, Oui. Hormis de l'eau, le transport et l'électricité, il faut aussi de la nourriture pour élever du bétail. Et cette nourriture, en cas d'élevage intensif, peut être consitutée de soja...amazonien. Et qui dit soja amazonien dit déforestation, transport, etc. qui ont un "coût" carbone...


Cocoenvoyé le 4 juillet 2009 à 12h30

Gardons l'exemple de cette exception. Concretement, quel est le cout energetique de cet elevage local en baraques ? (Car il ne s'agit que de ca : consommation energetique et empreinte carbonique. Ne pas confondre le produit locavore et le produit bio.) Je ne pense pas que l'electricite + l'eau + le transport local coutent plus cher que le voyage en avion depuis la Nlle Zelande. Ai-je oublie quelque chose ?


Alexis Botayaenvoyé le 12 juin 2009 à 11h52

Bonjour Coco Tu demandes comment "Un produit local peut demander plus d'énergie qu'un produit importé". Il existe des cas particuliers où le produit local - produit hors saison, sous serre et/ou de façon industrielle - peut demander plus d'énergie que son cousin qui vient pourtant de l'autre bout du monde. Tout dépend du mode de production de ce dernier. Le cas de l'agneau de Nouvelle Zélande est un bon exemple : là bas, les moutons sont élevés en extensif, broutent sur de vastes herbages. Pas de nourriture concentrée ou de bâtiments pour les rassembler et les engraisser. Une fois préparé, le gigot voyage (certes surgelé) en bateau. Il peut donc arriver qu'un agneau local, élevé selon les règles de l'élevage industriel, soit bien moins écologique que celui qui vient de l'autre bout du monde. Cela reste tout de même une exception...


Cocoenvoyé le 6 juin 2009 à 14h03

"Un produit local peut demander plus d'énergie qu'un produit importé". Comment un produit local pourrait générer plus de pollution qu'un produit ayant voyagé en avion ?


Main verteenvoyé le 13 fevrier 2009 à 17h52

je rêve : j'arrive à laisser un message ! Cela faisait longtemps que je voulais le faire mais sur la première page, il faut s'inscrire. Moi aussi j'achète plutôt local ou au moins Union Européenne, je n'achète pas les fruits de l'autre bout du monde, ni les énormes pamplemousses chinois qui ne m'inspirent pas du tout.


Nicolasenvoyé le 12 fevrier 2009 à 20h33

Allez jetez un oeil sur http://www.mon-panier-bio.com, les distributeurs de fruits et légumes bio y sont classés par régions et département !


Loup Solitaireenvoyé le 3 novembre 2008 à 22h12

Tout çà c'est du sensationnel sur un mode de consommation et de pensée qui a court depuis des années et même depuis toujours, la différence c'est qu'une part de plus en plus importante des montons de la mondialisation et des super marchés ce rendent compte qu'ils ont bouffé de la merde industrielle pendant des années et qu'ils se sont éveillés. Limiter la définition à 160 km ou autre est stupide et erroné, un véritable "locavore" mange se qui pousse sur la terre de ses ancêtres, autrement dit 99% des américains sont de faux locavores puisqu'ils sont des immégrés ayant volés les terres des vrais américains (Lakota, sioux, etc.), la flore et la faune des USA ne leur sont pas adéquate. Un véritable "locavore" vie sur la terre de ses ancêtres et consomme très localement se que la nature lui fourni de façon naturelle (donc "bio" et "biodynamique").


sophie maiselenvoyé le 21 mai 2008 à 17h04

vous pouvez aussi me contacter par mail à l'adresse suivante : sophie.maisel@france2.fr


sophie maiselenvoyé le 21 mai 2008 à 16h53

bonjour, je suis journaliste à France 2. Le sujet m'intéresse, j'aimerais lui consacrer un reportage. Connaissez-vous des gens en France qui soient des locavores ? Vous pouvez me contacter au 06 07 18 62 30. Merci


Joannaenvoyé le 29 mars 2008 à 10h40

Félicitations pour la qualité de tes articles. Ton blog est une mine d'informations, ton style est limpide et la mise en forme agréable. Merci. (je peux vous tutoyer ;-))

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